Exemple d’intervention (CE2)

Intervention suite au décès du papa de Lulu

Cette intervention a pour but de faire parler les élèves, de leur faire partager leur vécu, de les rassurer compte tenu des raisons du décès et de leur faire faire un geste, un cadeau pour soutenir leur camarade.

Conseils :

Prévoir un temps suffisamment long, (1 à 2 h), si possible avant la récréation pour ne pas laisser les enfants repartir seuls ou en pleurs juste après l’intervention.

Il faut s’attendre à ce que des enfants pleurent ; rassurer en disant que c’est normal de pleurer…

La maîtresse demande à l’enfant l’autorisation de parler de cet événement en classe.C’est important de pouvoir parler de tous les événements qui marquent notre vie. La maîtresse rassure en disant que c’est elle qui commencera à parler…

Nous savons que le papa de Lulu vient de mourir suite à une longue maladie et je vous propose d’en parler ce matin pour partager ce que nous ressentons. Les pensées et les idées de chaque élève pourront lui faire du bien. C’est important de parler pour l’aider à soulager sa peine.

1- Rassurer les enfants par rapport à l’hôpital, par rapport à la maladie.

Enlever le poids d’un non-dit* si la cause de la mort n’a pas été dite tout de suite.

(suicide par exemple) (* s’assurer que l’enfant connaît les raisons du décès)

a) Avez-vous compris pourquoi son papa est mort à l’hôpital ? Écouter les réponses des enfants

(Rectifier s’il y a des erreurs quant à la maladie. Laisser intervenir Lulu s’il le souhaite.

Conclure : Il avait une maladie très grave.

b) Est-ce qu’on meurt toujours quand on a une maladie grave ? Réponses des enfants

Conclure : Non, mais quelquefois les médecins ne trouvent pas comment soigner la maladie, ou il n’y a pas les bons médicaments ou on s’en est aperçu trop tard.

c) Est-ce que vous êtes déjà allés à l’hôpital ? Réponses des enfants

Si oui, ça peut montrer qu’on ne meurt pas toujours. Si non, sans suite.

d) Avez-vous d’autres questions sur l’hôpital ou la maladie ?

2- Rassurer sur les manières de réagir à ses émotions

Quand on a des émotions très fortes, chacun réagit à sa manière…

Souvent, quand on apprend que quelqu’un est mort, on se met à pleurer parce que ça nous rend triste.

Est-ce que c’est normal de pleurer ? Réponses des enfants

On fait sortir notre chagrin.

Ou alors, on n’ose plus parler, on garde sa tristesse à l’intérieur de soi.

Est-ce qu’il faut garder toute sa tristesse dans son cœur ? Réponses des enfants

Au début, ça se comprend, mais après, avec le temps, c’est mieux d’en parler. Il faut faire sortir sa tristesse et ceux qui écoutent peuvent simplement être présents ce qui est déjà beaucoup ou donner des paroles rassurantes, réconfortantes, qui font du bien.

Si on n’arrive pas à en parler, on peut aussi écrire des questions dans un cahier personnel.

Quelquefois, des enfants se mettent à rire ; c’est peut-être pour s’empêcher de pleurer ou parce qu’ils sont mal à l’aise d’entendre parler de la mort ou ils ne se rendent pas bien compte de ce qui se passe… Il faut faire attention de ne pas faire de peine à ceux qui sont déjà très tristes. Il ne faut pas se moquer, être méchant !

3- Partager son vécu

D’autres élèves ont-ils été tristes un jour parce que quelqu’un qu’ils aimaient est mort ?

(Cette formulation permet d’éviter les généralités, les faits divers.)

Etre attentif à ce que tous les élèves qui le souhaitent puissent parler.

Etre attentif à ce que chaque « perte » soit reconnue (même un poisson rouge ou un chien)

S’il s’agit d’un décès « anormal » (bébé, enfant, mère, père), faire parler l’enfant sur les circonstances; Il y a combien de temps ? Comment est-il mort ? Est-ce que tu t’en souviens ? Est-ce que tu en parles avec tes parents … Si non, pourquoi ? Rassurer sur le fait que plus tard, ce sera possible d’en parler.

4- Élaborer le souvenir et donner l’occasion aux enfants de terminer sur un geste « positif ».

Comment les personnes font pour vivre sans celui qui est mort et qu’ils aiment ?

Réponses possibles des enfants : (s’appuyer sur ceux qui ont vécu ce genre de situation)

Ils vont continuer à l’aimer.

Ils vont lui parler.

Ils vont en parler ensemble, évoquer les bons souvenirs, même si ça fait pleurer.

Leur famille et leurs amis vont les aider.

Et nous, quel geste d’amitié, de soutien, on pourrait avoir pour Lulu ?

Faire un dessin, dire des mots gentils…

Donner une feuille à chaque élève pour qu’ils préparent le cadeau d’amitié pour Lulu.

Quant à Lulu, lui proposer de dessiner ce qu’il y a dans son cœur maintenant.

Lui dire qu’il peut venir en parler à la maîtresse quand il veut et qu’elle veut bien rencontrer sa maman quand il le souhaitera.

Lettre à coller dans le cahier de liaison après l’intervention pour prévenir les parents.

Le cas se produira peut-être au moment de la fête des mères ou des pères qu’il ne faut pas supprimer sous prétexte qu’un enfant n’a plus son père ou sa mère.

Courrier de l’enseignant aux parents d’élèves :

Madame, Monsieur,

Je tiens à partager chaque événement important avec les élèves de la classe. J’ai donc organisé un débat avec tous les élèves de la classe pour leur donner l’occasion de parler de leurs émotions suite au décès du …

C’est l’occasion pour ceux qui sont dans la peine de se sentir entourés par leurs camarades, de s’exprimer et de ne pas rester seuls avec leur souffrance. Je pense qu’il est important que chaque parent en reparle avec son enfant.

Je reste à votre disposition si vous souhaitiez me rencontrer à ce sujet.

Cordialement

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